Quand « je » paye la séance qu’est ce que « ça » dit ?

« l’argent, dans la symbolique chrétienne représente la sagesse divine, (…). Dans les croyances russes il est symbole de pureté et de purification. Il ressemble à la netteté de conscience, à la pureté d’intention, à la franchise, à la droiture d’action. » (1)

INTRODUCTION

J’ai été très surprise de constater, en commençant mes recherches pour écrire cet article et alimenter mes réflexions, que les dictionnaires de psychanalyse font l’impasse sur le mot et donc le thème de l’argent. Et pourtant, vaste thème, vaste t’aime que celui de l’argent et pour plusieurs raisons. L’argent est au moins double, il existe comme objet et comme valeur, comme réalité immédiate et comme signe. En psychanalyse l’argent est le substitut symbolique de la matière fécale nous explique le dictionnaire de philosophie. Mais l’argent dans le processus psychothérapeutique ne peut être réduit à cette symbolique. Lorsque nous abordons le thème de l’argent nous devons avoir à l’esprit que l’argent ne représente pas simplement un objet mais le concept de cet objet et surtout la valeur symbolique que chaque individu y met. Dans son rapport à l’argent, l’individu parle de lui, de ses angoisses, de son amour pour lui-même, de la valeur qu’il se reconnaît avoir, de son rapport à la vie et de ses contrats inconscients. L’argent est constitutif du cadre et « sous-tient » le transfert. « Cette bivalence de l’argent comme objet et comme signifiant, traverse le tracé clinique des cures conduites par Freud. Et c’est dans le récit de l’analyse de « L’homme aux loups » (1918) que Freud a illustré de la manière la plus incontestable la voie conduisant de l’érotisme anal à l’enfant-pénis, en passant par le jeu cadeau et, promouvoir le don d’argent d’un homme à un autre homme comme satisfaction sexuelle passive et féminine. ». (Gori R., 1993),

« L’argent n’est pas seulement « la petite chose » dont il est le concept abstrait, pas plus qu’il n’est le signifiant-maître de cette opération d’abstraction, d’extraction, de castration que l’on appelle symbolisation. Il ne peut être réduit à une présence ou à une absence, pour la raison même que, de part sa structure, dans sa genèse comme dans sa fonction, il est constitué de pied en cap, comme une présence sur une absence, comme un signe sur un manque, comme un trait, une marque sur une béance. (…) L’enfant va placer sa dent sous son oreiller et (..) trouvera le lendemain une pièce d’argent. L’argent sera compensation, réparation du préjudice de la perte, dédommagement comme on dit chez les assureurs et les juristes. (..) l’argent vient ici sur fond d’absence. (…). L’enfant doit abandonner une petite pièce du corps pour entrer dans un circuit d’échanges, avec une monnaie négociable, conventionnelle, efficace bien audelà de l’espace familial. » (Gori R., 1993)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>